Persos à emporter #1 Le Mangeur Masqué et la feuille de chou

"Plus beau que ça tu meurs !!!!"

« Plus beau que ça tu meurs !!!! »

C’est au tour du Mangeur d’apporter un plat en cuisine. On débute alors une nouvelle mouture d’articles, « Persos à emporter ». Il s’agit de se consacrer à un personnage de l’imaginaire qui pour diverses raisons, a pu nous marquer. L’éventail est très large et bien qu’ici ce soit un personnage de cinéma qui m’intéresse pour cette première édition, à la différence des Instants Pop-Corn on en reste à se pencher sur un personnage et non pas vraiment sur le film lui-même.

Manger du vert, c’est bon à la santé vous le savez bien ! C’est pourquoi le personnage du Mask va nous intéresser. Il est d’abord un personnage de comics issu de la maison Dark Horse en 1991 et sera largement décliné en séries télévisées et autres gammes de jeux vidéos et jouets (j’en ai eu plusieurs !!). Je m’intéresse ici au film de Chuck Russell sorti en 1994, avec Jim Carrey dans le rôle-titre aux côtés de Cameron Diaz.

[Et là de suite : mise au point espiègle mais franche. J’ai des amis de tous âges, principalement dans la bonne vingtaine tout comme moi, mais aussi un certain nombre dans la trentaine, la quarantaine et parfois même au delà. Ces joyeux compères sont ma foi fort cultivés et ils ne manquent jamais de me dire que je reste un jeunot qui a peu vécu et, en matière de cinéma, qui a peu vu. Aussi il peut arriver au détour de certains élans nostalgiques ou découvertes béates de ma part que, comme on se moquerait gentiment d’un petit frère naïf, ils soulignent que « on a fait bien mieux depuis ». Avec le temps passent les âges et les films, et la tolérance débonnaire s’efface et la sagesse acquise fait émerger une mise à distance et un « esprit critique ». Oui, certes. Seulement, je passe ma petite vie d’universitaire à forger cet esprit critique. Je ne sais pas faire autrement que d’analyser tout ce qui me passe sous la main et dans la tête. Alors, au nom de ma douce enfance pas si lointaine, je demande le droit de rappeler que ce que mes grands amis ont vu à l’entrée de l’âge adulte, m’a été montré sur le porche de ma petite enfance. Pour le moment, grand bien m’en fasse, mon âme d’enfant est encore là. Alors, ai-je conscience que ce film a vieilli ? OUI. Suis-je conscient qu’on a fait mieux sur le plan de la comédie ? OUI. Vais-je pour autant me priver de dire que j’ai aimé le personnage du Mask ? NON. La nostalgie bloque t-elle mon esprit critique ? NON. Voilà voilà ].

Bon ceci étant dit : le Mask, c’est un alter ego, une facette de la personnalité de Stanley Ipkiss. Comment dire…excusez la comparaison sanitaire, mais je pense que si l’univers avait un chien, il irait lever la patte sur les chaussures et le bas de pantalon de Stanley. C’est un archétype du looser qui mène une vie de poignée de porte. Les seules présences féminines dans sa vie sont une mégère qui figerait à elle seule tous les stéréotypes de la logeuse acariâtre dans un cristal éternel, une bimbo qui flirte avec le mafieux du coin et enfin une show-runner qui n’hésite pas à le balancer aux méchants pour payer son loyer. Banco, Stan…gratte encore. Tes amis ? tu n’as que Charlie, le brave type idéal pour le rôle du side-kick rigolo mais qui t’oublie littéralement sur le trottoir en entrant en boîte. Heureusement que tu as Milo le chien, qui va te sauver les miches en mordant celles des méchants, mais qui sera à deux doigts de te balancer à la police sous l’impulsion d’un instinct animal qui pousse à ouvrir les placards remplis des billets que tu as volé quand tu n’étais pas toi même.

Puis une nuit vint le Mask. Une pièce de bois venue des abysses, que sans trop savoir pourquoi tu as ramassé alors que le chien de l’univers venait encore une fois de marquer son territoire à tes pieds. Et là ça devient…SPLENDIIIIIIIIIIIIIDE !!!!!!

Un côté...."légèrement" cartoon ^^

Un côté…. »légèrement » cartoon ^^

Le Mask est un véritable cartoon vivant, un hommage sur pied à l’univers de Tex Avery, dont Stanley est un fervent fan. Quand j’étais gosse, quelque chose déjà me chiffonnait. Le Mask est capable de tout, comme en cartoon. Il modélise la réalité comme il l’entend et rend son porteur invincible. Manque de chance – encore ! – pour Mr. Ipkiss, sa « double identité » ne reste pas secrète bien longtemps et des flics à la bimbo, tout le monde fait le rapprochement. Mais…vous vous rappelez que quand le Mask agit comme dans un cartoon (tout le temps donc), absolument PERSONNE ne s’étonne de sa capacité à changer les ballons en mitrailleuse, à esquiver les balles ou à garder dans sa veste l’ensemble du catalogue annuel de chez ACME ? C’est tout juste si les policiers envoûtés par la danse de Sancho de Cuba se prennent une remontrance de la part de l’inspecteur. Alors quoi ? Peut-être bien que la seule chose qui a sauvé Stanley de la dépression c’est son côté enfant. Stanley mettant le masque EST un personnage de cartoon. La séparation n’est pas aussi nette que dans Roger Rabit, mais le Mask confronte les gens aux côtés débridés de Stanley, il les confronte peut-être à une certaine vision de l’enfance : la sienne. Le Mask est une bête de scène, il fait le show et si les personnages ne s’étonnent de presque rien, c’est peut-être parce que le spectateur lui, comprend le message : les cartoons, on les a connu, on reste des gosses. Ce n’est qu’une hypothèse… Après tout, le seul personnage du film qui ne verra pas le Mask et refusera d’y croire…c’est l’universitaire enfermé dans son savoir et ses certitudes…c’est celui qui, au sens littéral, ne peut pas voir en plein jour parce que le Mask agit la nuit.

Oh le vilain toutou.....

Oh le vilain toutou…..

Personnage sympathique, catoonesque….mais pas forcément gentil ! Le Mask est un esprit malin, un trickster, c’est à dire un joueur de tours. Et il règle ses comptes, que cela soit en monnaie sonnante et trébuchante ou sur le plan moral. Il donne un grand coup de pantoufle dans le derrière du chien de l’univers. Il se venge et attaque. Oui, il sauve la fille à la fin, mais il la séduit d’une manière…très personnelle….souvenez-vous du parc où en guise de cour à Tina, il épilogue sur la « gondole » et les « raviolis ». Le Mask apprendra à la toute fin à être héroïque….pile au moment où Stanley comprend qu’il doit s’en passer et agir par lui-même. En outre, le masque s’adapte à son porteur et c’est à grands coups d’orages sur fond vert qu’on nous montre à quel point le méchant est méchant quand il s’empare de l’objet. Milo lui est le brave chien de son maître, mais il en fait voir des vertes aux méchants lorsqu’il enfile le masque à son tour. Si Stanley est le porteur principal, le Mask est en fait la combinaison de tous ceux qui accèdent à ses pouvoirs. Les bons deviennent de vilains farceurs et les méchants des cataclysmes à l’était brut.

C’est donc tout cela qui me plaît chez le Mask. Parce que le film est en fait plutôt triste dans le fond. Même si tout est bien qui finit bien pour Stanley dans la plus pure tradition des comédies familiales, c’est un gentil paumé durant tout le film et le Mask lui cause presque autant de soucis qu’il en résous. Pourtant, le Mask, c’est aussi une bagarre contre un réveil fou à coup de maillet, c’est Sancho, c’est un mélodrame dans les bras d’un mafieux, un rot de flammes en avant une bombe ou encore du jus d’orange qui dégouline. Le Mask, c’est une des plus belles feuille de chou de mon enfance !

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