Perso à emporter #4 : Zeta….un robot mis trop vite à la casse

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FREEZE !!!! Zeta dans sa forme originelle

Ce blog est fort modeste. Il ne prétend pas chambouler ou rivaliser avec les giga-tonnes de blogs consacrés à la culture geek. Par contre il est un terrain où l’on évoque aussi les choses que l’on a hélas, parfois oubliées, ou même, pas connues.

Cette série est de celles-ci. Il me surprendrait beaucoup que des centaines de gens s’en rappellent. Elle n’a pas remporté les suffrages attendus, au point qu’elle s’est arrêtée au bout de deux saisons, et que les producteurs ont renoncé à sortir le coffret DVD de la seconde saison. Du reste, inutile de chercher le premier coffret DVD en France, il n’a pas dépassé les Etats-Unis.

Ce dessin animé s’appelle « The Zeta Project » (Le Projet Zeta en français, comme on peut le deviner) . Peut-être bien que cela ne vous dit rien en effet….et si je vous dis qu’elle est issue des univers dessins animés de DC Comics ? Si je vous dis qu’elle a eu deux épisodes crossovers avec Batman Beyond, quand Terry Mc Ginnis reprenait le costume de Bruce Wayne ?

Une rencontre au sommet (Zeta prend bien sûr un hologramme humain pour rester discret)

Une rencontre au sommet (Zeta prend bien sûr un hologramme humain pour rester discret)

Elle a d’abord été diffusée sur la chaîne Kids de la Warner avant de passer l’outre-atlantique pour un court laps de temps, de 2001 à 2002. Pourtant l’émission qui passait les épisodes en France était assez célèbre, puisqu’il s’agissait de F3X sur France 3. C’est dans cette même veine que s’inscrivait la série « Static Choc » à laquelle je me consacrerai dans un article futur.

Le pitch est aujourd’hui d’une simplicité étourdissante, mais il m’avait tant captivé à l’époque ! (et en passant, je trouve la musique du générique assez géniale). Un syntoïde robot classé secret défense nommé Zeta est capable de prendre l’apparence de n’importe quel être humain. Il était programmé pour des missions d’assassinats furtives, mais son libre arbitre se développe. Il découvre un jour que l’une de ses cibles est innocente et décide alors de cesser ses activités. Il va sans dire que les fédéraux ne l’entendent pas de cette oreille et vont tout faire pour reprendre le contrôle de leur robot, qui possède un sacré arsenal. Zeta va donc être traqué et avec l’aide d’une adolescente rebelle du nom de Ro, va tout faire pour retrouver son créateur et prouver qu’il peut décider de lui-même de ses actes.

Remarquez la différence de dessin entre la saison 1.....

Remarquez la différence de dessin entre la saison 1…..

....et la saison 2 ! Au passage, il est sympa ce batman de laisser conduire le Batplane, non?

….et la saison 2 ! Au passage, il est sympa ce batman de laisser conduire le Batplane, non?

Batman apparaît dans Zeta....mais Zeta apparait aussi dans Batman Beyond ! Vous noterez que sa skin est tout de même assez différente...notre syntoïde repenti à quelque peu perdu la tête !

Batman apparaît dans Zeta….mais Zeta apparait aussi dans Batman Beyond ! Vous noterez que sa skin est tout de même assez différente…notre syntoïde repenti à quelque peu perdu la tête !

Comme je disais, c’est bateau….la série n’est pas d’une profondeur de forage et pourtant, elle a…ce petit quelque chose. Déjà, Zeta sera donc amené à croiser le Batman futuriste imaginé par Timm Bruce, dans la droite lignée de l’indétrônable série animée de 1992. En dehors même de ces trop rares crossovers, on peut compter sur une série qui voulait vraiment aller quelque part. J’en veux pour preuve le fait que l’animation et le dessin se soient considérablement enrichies entre la première et la seconde saison. De plus, les situations évoquées ont beau être classiques, elles n’en demeurent pas moins riches. Traqué par l’agent Benett, le type même du fédéral qui applique sa mission à la lettre, ils devront pourtant collaborer le temps d’un épisode pour se sortir du guêpier. Zeta court aussi le danger de se voir contrôler par de petits génies de l’informatique, ou encore il est traqué par un syntoïde concurrent atteint d’un gros bug qui le pousse ce redoutable adversaire à chercher à le désactiver, mais aussi à s’en prendre aux humains (Batman va même en faire les frais)

De plus Zeta réfléchit à sa condition, mais il le fait comme une machine qui découvre le monde et demeure maladroit – mais plein de bonne volonté – à saisir les complexité de la psyché humaine. C’est là que Ro se chargera de le tirer des mauvais pas. On a bien une relation d’amitié qui s’installe, mais cela reste progressif et l’on ne sombre pas (trop) dans la mièvrerie habituelle – il se peut que la série n’ait pas eu le temps d’y sombrer cela dit.

Du sens philosophique de l'existence des cafards...dans le premier épisode, Ro se demande vraiment dans quelle galère elle a embarqué !

Du sens philosophique de l’existence des cafards…dans le premier épisode, Ro se demande vraiment dans quelle galère elle a embarqué !

Des fanfictions, et des comics semble t-il, existent sur une potentielle saison 3 mais je suis réaliste et il n’y a pas la moindre chance que la Warner ressorte ça des cartons. Si vous avez l’occasion, certains épisodes – ou même les 26 – ont été mis en streaming. Encore une fois, la série ne révolutionne pas le genre et c’est bien une affection subjective que je vous livre ici, mais ça permet de jeter un œil à un projet qui n’a, à mon sens, pas eu l’occasion de donner son plein potentiel.

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Persos à emporter #2 Mangeur Masqué, virtualisation !

Quand j’étais gosse, les dessins animés ont pris une place importante de ma vie. Et accessoirement, je ne rechigne pas à en regarder encore. Je considère que les bons dessins animés et les bonnes séries animées se font très rares. Plus encore lorsqu’elles se destinent en particulier à la « jeunesse ». Pourtant, parmi les perles, on peut citer Avatar, le dernier Maître de l’Air, La légende de Korra, Skyland…ou encore Code Lyoko. Série pleine de références, de Tron pour l’univers virtuel à Retour vers le futur pour l’Hover-board, elle a le mérite de me procurer toujours beaucoup de divertissement.

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La fine équipe pour sauver le monde…un grand classique !

On va encore mettre ma nostalgie en cause, et mon esprit critique va venir taper à la porte en rentrant de la taverne, donc soyons fairplay. Parler de « perle » pour la série Code Lyoko est peut-être un tantinet exagéré. Elle reste une excellente série française de SF (franco-italienne en fait) pour les ados, crée par Jérôme Mouscadet, exportée dans de nombreux pays, et diffusée sur 4 saisons entre 2003 et 2007. Elle prend ses premières racines dans la série Garage Kids. Sa suite, Code Lyoko Evolution, émerge en 2013. Le pitch de la série est simple : un groupe de collégiens partage son temps entre les cours et la vie d’ado ; et Lyoko, monde virtuel où a demeuré Aelita, piégée dans le programme jusqu’à ce qu’ils la délivrent. Ils vont lutter en secret contre X.A.N.A, une intelligence artificielle tentant de prendre le contrôle du monde. Je vais me concentrer, pour ce second « Persos à emporter », sur Ulrich Stern, le ténébreux de la bande.

Banzai !!!!!!

Banzai !!!!!!

Oui, Code Lyoko distribue clairement les rôles. Yumi est la fille aventureuse, Odd le séducteur ventre à pattes, Jérémie et Aelita sont les « geeks » informaticiens surdoués. Ulrich, tient le rôle du grand ténébreux. Les séries dites « pour ados » ont beaucoup de mal a s’écarter du bon vieux « je t’aime moi non plus » et du mélodrame romantique entre les personnages féminins et masculins. Et il est vrai qu’ Ulrich….ne déroge pas à la règle. Tout ombrageux puisse t-il être, il est transi pour les quatre saisons devant Yumi – au moins aussi transie que lui. Bien entendu, toutes les filles du collège et en particulier Sissi, la petite peste ennemie jurée de la bande, lui courent après. Or, comment fait-on pour trouver un rival à ce type de personnage ? On fait arriver un rival encore plus ténébreux et si possible mauvais garçon. William Dunbar mettra du temps à arriver, mais ça va se battre sous le préau c’est moi qui vous le dit. Et…je dois être sincère, c’est bien là ma plus grande déception. On pourrait trouver exaspérant cette rivalité de cour de récréation à la longue, mais là encore un peu de bonne foi : c’est la série qui veut ça. Pourtant, elle développera une bonne idée, hélas sans doute trop tardive. William finira par intégrer la bande pour combattre X.A.N.A. Seulement, dés sa première plongée dans Lyoko, une bêtise de débutant le fera tomber aux « mains » de l’ennemi. Durant toute la dernière saison il sera un pion redoutable du cruel ordinateur. Ce sera pour Ulrich l’occasion de grandir un peu et de dépasser sa querelle strictement amoureuse. Il faut combattre William et surtout bien sûr le sauver de l’emprise de l’adversaire.

C’est strictement une rivalité guerrière qui va entrer en jeu. De tous les protagonistes virtualisés sur Lyoko. Ulrich était très clairement le plus fort de tous. Il manipule le katana, se déplace à grande vitesse et est capable d’élargir sa force de frappe sur les créatures de X.A.N.A en se dupliquant. Odd trouvera souvent un sujet de plainte avec une telle puissance chez son meilleur ami.  Puis arriva William. Contrôlé par X.A.N.A William commande aux créatures et en particulier à la redoutable Méduse capable d’effacer la mémoire, se déplace en un éclair et manipule une sorte de Masamune capable d’éliminer sa cible en un seul coup. Aux rivaux de cœur succèdent les rivaux de lame. Ulrich et William se livre les batailles les plus frénétiques. Il est fort dommage que la série se soit terminée juste au moment ou cette relation se creusait vraiment.

Il est fort...très fort

Il est fort…très fort

Je rajouterai qu’Ulrich va commettre une erreur grave, qui ne sera importante pourtant que le temps d’un épisode. Chaque fois que X.A.N.A attaque, nos héros utilisent un retour dans le temps, rendu possible par la fabuleuse technologie du supercalculateur permettant l’accès à Lyoko. Ulrich sera un jour tenté d’utiliser le saut dans le passé pour son profit personnel. Cette faute le bannira de la bande pour le reste de l’épisode. Et…c’est le seul de la bande qui va transgresser la règle !! Habitué à se débrouiller seul, sous le joug d’un père froid et exigeant, Ulrich semblait le plus droit de tous. Je trouve dommage que cette faute ne soit jamais vraiment soulignée par la suite. Les héros qui trébuchent sont toujours les plus intéressants.

 

FIGHT !!!!!!

FIGHT !!!!!!

Ulrich est donc le beau gosse distant mais bon camarade, qui plonge dans l’action. Puissant avatar virtuel, ado débrouillard au collège, il constitue une part de la bande qui nous montre que nous avons besoin de rivaux et de challenges pour avancer. Certes, l’analyse de Code Lyoko n’est pas inépuisable, mais elle tâchait de creuser ses personnages et…sans doute aurais-je voulu ressembler un peu à Ulrich Stern. Pour le côté ventre à pattes…je tiens d’Odd depuis des années !