Pages de saveurs #1 Magie (très) brute !

"Magie Brute" de Larry Correia, 2012 (édition française), l'Atalante, traduit par Marie Surgers

« Magie Brute » de Larry Correia, 2012 (édition française), l’Atalante, traduit par Marie Surgers

Il n’est jamais trop tard pour se lancer dans la rédaction de petites chroniques. Cela remet de l’eau au moulin de ce blog dont on commence à voir des toiles d’araignée sous les ailes…il y a un moment que je n’ai pas posté. Voici donc l’occasion d’inaugurer l’aspect littératures de l’imaginaire ! Je me lance donc dans une petite chronique, en espérant que les copains en seront inspirés et voudront apporter leur pierre à l’édifice.

Le roman que je vais évoquer datte déjà un petit peu et ne fait pas l’actualité toute chaude. Sur ce blog, on cause de ce qui nous a marqué, fut-ce vint ans ou une semaine en arrière. La prochaine chronique portera sans doute sur un ouvrage plus actuel, mais je suis sûr que vous êtes comme moi : les livres s’entassent et le temps file si vite que vous êtes déjà à la bourre dans vos lectures tandis que vous envisagez de pousser vos murs pour aménager une nouvelle bibliothèque. Il y a environ une semaine, j’ai pu donc faire la lecture fébrile de « Magie Brute » premier volume de la saga de Larry Correia, Les chroniques du Grimnoir, sorti en 2011 (2012 en France)…et je me suis régalé en bon Mangeur que je suis !

La couverture de Vincent Chong pour l’Atalante a presque suffit à elle seule à me promettre de prochaines nuits blanches : une grande armoire à glace avec un chapeau et une mitrailleuse dont on entendrait résonner le timbre avant même qu’il ne presse la détente, une jeune demoiselle fort jolie et un mystérieux personnage à chapeau lui aussi, le tout sur fond explosif à dominante de Zepplin et de Steampunk….comment pouvais-je ne pas dire « Je t’aime » à cette couverture ?

Pour le contenu, il est parfois extrêmement difficile d’entremêler de trop près plusieurs influences, mais ici le cocktail est savoureux ! Des touches de Steampunk, un arôme de pulps, des épices de comic books, un zeste d’uchronie et des bulles pétillantes d’action musclée ! En effet c’est une boisson tonique que cette Magie Brute ! ça bastonne et l’arme sur la couverture n’est pas une fausse promesse, vous pouvez me croire. Comment en serait-il autrement, alors que la magie existe dans le monde depuis plus d’un siècle, contraignant Darwin ou Einstein a revoir leurs copies, et que les guerres se livrent désormais à coups de super-pouvoirs ?

Dans une Amérique craintive des « actifs », ces mutants ayant éveillé des pouvoirs aussi impressionnants que variés, Jake Sullivan, le mastodonte de la couverture, pense les plaies que l’Histoire a infligé à son histoire. Héros de la première guerre mondiale, sa maîtrise redoutable de la gravité l’a pourtant conduit en prison et c’est en otage du FBI qu’il paye sa dette en traquant les actifs criminels. Pourtant, quand la magie, la guerre et la politique s’en mêlent, il n’est pas si simple de distinguer les « gentils » des « méchants ». Jake le comprendra très vite quand il sera confronté aux chevaliers du Grimnoir, des actifs qui rendent la justice de façon bien particulière et surtout au redoutable Imperium dont les rêves d’eugénismme vont déclencher une guerre sanglante pour s’emparer du pouvoir absolu.

Les fantômes du passé n’ont pas fini de hanter Jake Sullivan et c’est bien cela qui fait toute la saveur de ce roman, dont on se prend à rêver qu’il soit adapté au cinéma. Dans une pure tradition de romans noirs, il est le géant au grand cœur, le mauvais garçon guidé par son code d’honneur. Il sait que chaque camp de l’Histoire veut faire le bien de l’humanité mais que des milliers de victimes n’ont plus leur mot à dire. Magie Brute ne se contente pas de nous immerger au cœur de batailles épiques, il multiplie les points de vue sans jamais nous perdre et nous emmène dans les coulisses de complots dont les personnages n’ont même pas encore conscience. Il a le sens du coup de théâtre et nous fait palpiter en attendant la dernière bataille ! Il est sans concessions et nous offre du grand spectacle. Je suis venu, j’ai lu et ça m’a plus et je vais maintenant bondir sur les deux tomes suivants de la saga !

 

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